Saint Malo Beach – Lundi soir
Après les premiers témoignages enthousiastes du vernissage, et malgré les signes d’encouragement dont j’ai pu me prévaloir, les journées se sont succédées sans que mes messages suscitent le moindre commentaire. Difficile de faire partager son rêve. Les visites se succèdent pourtant mais je m’interroge sérieusement sur ma capacité à tenir en haleine des lecteurs à qui je voudrais promettre beaucoup plus. Ce soir pourtant, Bruno vient à mon aide. Nous nous sommes effectivement rencontrés début août autour des photos qu’ils ont rapportées de leur périple. Depuis, nous nous interrogeons sur la meilleure façon de présenter ce travail, et surtout sur la sélection qui doit illustrer ce voyage. Qu’est-ce que l’on veut montrer ? Qu’est-ce que l’on peut montrer ? À quelles fins ? Ainsi vont les questions à chacune de nos rencontres. Chacun poursuit son chemin et ses objectifs ; et nous essayons d’aboutir à un résultat qui convienne à tous. Je laisserais le soin à Gaëlle et à Bruno de nous éclairer sur ce retour, et sur les réflexions qu’il faut affronter pour que l’intensité vécue lors du voyage soit restituée dans une exposition, par exemple. Pour moi, c’est une joie que de les avoir rencontrer. Ils sont en train d’inaugurer une nouvelle page dans la vie de la galerie : celle des gens du voyage. En arrivant à Saint Malo, j’imaginais trouver un endroit où poser mes valises, voire prendre racine. Mais bien vite, je me suis aperçu que la vertu cardinale de ce lieu résidait dans son port. Partir à l’autre bout du monde, à pied ou en bateau, ne constitue pas une marque d’originalité débordante. Nombreux sont les hommes et les femmes qui sont partis ou qui vont partir ; nombreux sont ceux qui arrivent aussi, qui reviennent avec des bagages pleins d’histoires et d’odeurs de terres imaginées. C’est l’un des visages les plus séduisants de Saint Malo. Et nous n’aurons pas besoin de faire appel à des écrivains venus d’ailleurs pour nous parler du voyage. On a tout ce qu’il nous faut sous la main. Il suffit de chercher, et d’avoir la chance. Car on ne se livre pas ainsi au premier inconnu. Il faut être tenté, recommandé, encouragé, pour finalement, se dire que des lecteurs/spectateurs apprécieront vraiment ce partage. C’est l’un de mes paris, et peut-être aussi celui de Bruno, qui vient de se jeter à l’eau. Par ailleurs, je suis émerveillé par cette possibilité qui nous est donnée de les rencontrer tous les deux avant leur exposition, via cette tribune. Peut-être même que cela pourrait influencer le contenu de l’expo. C’est une première pour moi, et pour eux. Est-ce que cela ne mérite pas quelques encouragements ????